3/LA POÉSIE DES JOURS MOUILLÉS

Au carrefour des variations et des thèmes de la culture européenne

 

LEARNING CIRCLES… ART EDUCATION: APPRENDRE  COMPRENDRE  PARTAGER

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LA PHOTOGRAPHIE DE LA POÉSIE DU QUOTIDIEN  – 3ème trimestre 2026

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Textes: Chantal CORMONT

Photos: Gioacchino BORDO –  Chantal CORMONT  – Jean-Pierre GODEFROY  –  Jean-Pierre LE MOIGN – Oscar MARTINI –   Line ROUELLÉ 

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En photographie, en littérature, poésie et peinture, la pluie occupe une place centrale, elle devient un symbole privilégié pour traduire des émotions complexes. Tantôt associée au chagrin et à la mélancolie, tantôt au renouveau et à la purification, elle reflète l’intériorité, la mémoire et le lien ambivalent de l’homme avec la nature, partagée entre exploitation et quête de refuge.

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Le photographe, à travers ses clichés, ne se contente pas de saisir le réel : il l’imprègne de sa vision, y dépose ses émotions, et ce qui n’était pour d’autres qu’un décor mouillé, brumeux ou mélancolique s’ouvre alors comme un monde parallèle, où affleure la poésie secrète du quotidien.

 (photo by Gioacchino Bordo)

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L’AUTOMNE. La pluie et le beau temps sont des sujets qui génèrent des ressentis subjectifs. Les souvenirs personnels, la mémoire collective, le cadre de vie, la culture influencent nos perceptions. En cas d’événements familiaux ou nationaux, on craint que la pluie incessante ne fasse tout rater ! Dans la mémoire collective, la pluie battante d’automne annonce la morte saison et son cortège de misères. Dans la littérature du XIXe siècle, les journées pluvieuses déclenchent le spleen, soulignent la dureté sociale ou laissent présager un événement négatif. Elle montre aussi que la pluie a l’art de transfigurer la ville. Ce thème fait aussi le bonheur des impressionnistes qui peignent sur le motif. Au XXe siècle, la célébration de la pluie ressemble encore à une proclamation d’anticonformisme. Maintenant, les canicules estivales font rêver de pluie. Elle est perçue comme régénérante et devient une source d’expériences sensorielles. Inspirante, la pluie a sa place dans notre vie et notre culture. La poésie des jours mouillés, on aime !  

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(photo by Oscar Martini)

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LA PLUIE, MIROIR DE L’ÁME

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photo by Jean-Pierre Le Moign;  Jean-Pierre Godefroy

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La pluie fine et incessante inspire souvent la mélancolie ou l’effervescence lorsque les repères s’embrouillent et l’imagination s’enflamme.

 

« Sous la pluie, tout mon être est effervescent. Je suis comme le Sacré-Cœur de Montmartre, construit avec de la pierre de Château Landon qui sécrète une substance blanche lorsqu’il pleut. Un processus chimique commence. Tel un cachet d’aspirine, je mousse et je frissonne. […]

Je suis en lien avec la Nature. Les gouttes tombent sur ma peau et, comme sur la surface d’une mare, dessinent des cercles ondulants et éphémères qui résonnent jusqu’à mon cœur ».

Martin Page, De la pluie, Editions Monstrograph, collection Bootleg, 2023. Extrait.

IL PLEUT SUR LA VILLE

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« C’est une chape d’ardoise qui se couche lourdement sur la région, ménageant un mince réduit entre nuages et terre, obscur, saturé d’eau. Ce n’est pas une pluie mais une occupation minutieuse de l’espace, un lent rideau dense, obstiné, qu’un souffle suffit à faire pénétrer sous les abris où la poussière au sol a gardé sa couleur claire, ce crachin serré des mois noirs, novembre et décembre, qui imprègne le paysage entier et lamine au fond des cœurs le dernier carré d’espérance, cette impression que le monde s’achève doucement, s’enlise, on assiste à une vaste entreprise de dilution. »

« Le crachin n’a pas cette richesse rythmique de l’averse qui rebondit clinquante sur le zinc des fenêtres, rigole dans les gouttières et, l’humeur toujours sautillante, tapote sur les toits avec un talent d’accordeur au point de distinguer, pour une oreille familière, les matériaux de couverture : ardoise, la plus fréquente au nord de la Loire, tuile d’une remise, bois et tôle des hangars, verre d’une lucarne »

Jean Rouaud, Les champs d’honneur, p. 21, 22, 23. Sur les crachins interminables 

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photo by  Jean-Pierre Godefroy   Line Rouellé   Chantal Cormont

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La pluie est un voile. De la même façon que certains tissus soulignent les jambes des femmes et des hommes, elle met en valeur le lieu où elle tombe. […] La pluie habille paysages et immeubles. Elle répare le manque de talent des architectes. Elle répare les destructions causées par la guerre et la misère. […] Tout devient beau sous la pluie

Martin Page, De la pluie. Extrait.

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photo by  Jean-Pierre Godefroy   Chantal Cormont

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Utiliser la poésie et la photographie narrative
pour documenter l’environnement,
favorisant la compréhension sociale
et le partage des émotions

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PROMENADE PHOTOGRAPHIQUE… AU COEUR DE L’EUROPE

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L’art est de comprendre les émotions, de porter l’écoute de l’autre, la photo y apporte son regard. A travers ses clichés, le photographe peut exprimer et percevoir ce qui est ressenti et répondre à l’émotion de l’autre.. La nature révèle les mystères cachés de l’âme humaine. Enchantement de couleurs, d’émotions, les soleils couchants où se mêlent l’or et le rouge, les soirs bleus incitent à la rêverie et la pluie nous invite par la création des clignotements de lumière à développer nos sens.

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