2/Simone de Beauvoir, philosophe et femme de lettres

COULEURS DU JOUR … LE PRISME DE LA CULTURE   

Texte: Claudette Roger

Photos:  Jean-Pierre Le Moign, Geapolis archive images

Traduction de texte français vers italien: Letizia Scaramuccia 

 

PHOTOGRAPHIE ET LITTÉRATURE…. La Photographie à la rencontre de l’auteur et son œuvre. La présence d’un regard photographique autour d’un écrivain, témoigne et met en image un segment de sa vie et la narrativité de son œuvre.

Simone de Beauvoir, philosophe et femme de lettres

Simone de Beauvoir (1908-1986) philosophe, femme de lettres, elle a prôné dans ses écrits l’émancipation des femmes, devenant ainsi une des pionnières du féministe français au xx siècle. Elle fut élevée dans une famille pieuse catholique.

Elle décide de s’émanciper à l’adolescence en le cachant à sa famille, elle se tourne vers des études de lettres et lors d’un cursus, elle fait la connaissance d’un homme qui va changer sa vie, Jean-Paul Sartre (elle dira de lui ‘’son amour nécessaire’’).

Ma fenêtre est ouverte; sur le ciel gris perle se découpent la massive silhouette de la tour Saint-Romain et la flèche de la cathédrale ; il me semble être transportée brusquement en plein Moyen Âge, tant la vie est silencieuse dans cette ville hérissée d’églises gothiques (Simone de Beauvoir, Anne, ou quand prime le spirituel, 1979)

“Rue du petit mouton”…la maison de Simone de Beauvoir

Lycée Jeanne d’Arc devenu Collège Barbey d’Aurevilly

Entre 1929 et 1931 Simone de Beauvoir trouve un poste d’enseignante à Rouen au lycée Jeanne d’Arc.

A Rouen, elle préfère à la fréquentation de la «bonne société» celle des cafés (Brasserie Paul, Café Le Métropole) où elle y avait ses habitudes, y passait des heures à travailler et écrire et y retrouvait Jean-Paul Sartre venant de Paris.

Au Métropole une plaque et deux bustes illustrent leur histoire.

        Simone de Beauvoir Jean-Paul Sartre         

Café Le Métropole près de la gare de Rouen

Café Le Métropole (intérieurs)

S’inspirant de sa liaison amoureuse avec Jean-Paul Sartre ’’le génie qui m’a ouvert le monde’’, mais, déchirée par le comportement de cet homme à femmes, elle éprouva un temps le besoin de se soustraire à son influence. Simone de Beauvoir voulut réapprendre à vivre seule.

Comment s’étonner qu’elle conçu un immense désir de liberté, elle que sa mère dans son enfance surveillait étroitement, lui ouvrait son courrier, écoutait à la porte, lui interdisant toutes lectures qu’elle jugeait ..inconvenantes.

Brasserie Paul -Place de la Cathédrale

Café Le Métropole (intérieurs)

Café Le Métropole (intérieurs)

Les livres de Simone de Beauvoir, inspirés de ses voyages
« On ne naît pas femme on le devient » .... La transmission autobiographique de Simone de Beauvoir: une écriture du féminin entre singulier et universel.

Premier livre… ‘’Primauté du spirituel’’ suivra…“L’invitée” en 1943 qui fait d’elle, un auteur confirmé.

Dès 1947, Simone de Beauvoir se lance à la découverte du monde. Elle se rend tout d’abord aux États-Unis, puis parcourt l’Afrique et l’Europe.

1949 elle publie  “Le 2éme sexe” dans lequel elle prône l’émancipation de la femme

1954 prix Goncourt pour  “Les mandarins’’

1964, elle écrit  “Une mort très douce” qui a pour thème l’acharnement thérapeutique

1971 “Le manifeste des 343’’ avec Gisèle Halimi, brillante avocate, qui réclame le libre accès aux moyens contraceptifs et à l’avortement.

En 1980, son compagnon de route décédé, elle lui dédira son livre  “La cérémonie des adieux”.

Elle le suivra le 14 avril 1986 au 11bis rue Victor Schoelder à Paris.

Bibliothèque Simone de Beauvoir à Rouen

SIMONE DE BEAUVOIR ET L’ITALIE

A partir de plusieurs œuvres autobiographiques «La Force de l’Age», «La Force des Choses», «Tout Compte fait» Simone de Beauvoir traite de son attrait pour l’Italie.

Elle évoque également de nombreux lieux visités, en compagnie entre autres de Jean-Paul Sartre, Ferrare, Ravenne, Milan, Venise, Florence, Naples, Capri et Rome dont elle dépeint, notamment dans La Force de l’âge, avec délicatesse et courtoisie une misère sociale, associée à la gentillesse et l’amitié.

Exister c’est oser se jeter dans le monde.  Tout voir , afin de «tout connaître et de tout comprendre . S'abandonner à l'exaltation de l'inconnu pour s'arracher à soi-même, chercher dans le foisonnement du monde une illusion d'infini. (Simone de Beauvoir)

La vita degli uomini si esibisce nella sua nudità organica, nel suo calore viscerale: sotto questo aspetto, NAPOLI ci stordì, ci nauseò, ci stregò. `{`…`}` In VIA DEI TRIBUNALI, attorno a PORTA CAPUANA, guardavamo le piramidi di cocomeri e di melloni, i mucchi di pomidori, di melanzane, di limoni, di fichi, di uva, i pesci lucenti, e quelle specie di altarini rococò, così graziosi, che i venditori di frutti di mare fabbricano con muscoli e alghe: ignoravamo che il cibo si espone con tanta violenza solo quando la gente crepa di fame. `{`…`}`. Misconoscendo la profondità di quella miseria, poterono piacerci certi suoi effetti; ci piaceva ch'essa sopprimesse tutte le barriere che isolano gli uomini e li diminuiscono: tutto quel popolo abitava il calore di un solo ventre; le parole «dentro», «fuori», avevano perduto il loro significato. Gli antri oscuri in cui rilucevano debolmente delle icone appartenevano alla strada, nel gran letto matrimoniale dormivano dei malati; dei morti riposavano allo scoperto. E l'intimità delle case si espandeva sulla strada. Sarti, calzolai, fabbri, fabbricanti di fiori artificiali; gli artigiani lavoravano sulla soglia della loro bottega; le donne si sedevano davanti alla porta di casa per spidocchiare i loro bambini, rammendare la biancheria, pulire il pesce, sorvegliando i bacili pieni di pomodori schiacciati che esponevano all'azzurro lontano del cielo. Da un capo all'altro della via correvano sorrisi, sguardi, voci, amicizia. Questa gentilezza ci conquistò. (. (Simone de Beauvoir, L’età forte cap. IV, p. 237-238)

Per andare oltre… (dal web)