Extrait. En Italie: un laboratoire d’études flaubertiennes. Du vivant de Flaubert, aucune traduction de ses œuvres et aucun contact avec lui ne sont amorcés, bien qu’il ait déjà été remarqué par quelques écrivains. Madame Bovary est la première œuvre traduite (en 1881) et la plus exploitée, suivie de Salammbô (1905), des Trois contes (1906), de L’Éducation sentimentale (1908). On trouve quelques échos de Flaubert dans l’œuvre de Matilde Serao, notamment dans Fantasia (1881) qui s’inspire de Madame Bovary. À la fin du XIXe siècle, et avant la France, le milieu littéraire italien saisit l’originalité des réflexions de Flaubert sur l’art et l’importance de la forme. D’Annunzio et Pirandello lui sont redevables. L’intérêt grandissant pour l’écrivain dans les années 1930 explique la multiplication des études sur son esthétique conduisant à de nouvelles recherches. La traduction remarquable de Madame Bovary en 1936 par Diego Valeri fait ressortir le travail stylistique de l’auteur. On peut considérer que dans la deuxième moitié du XXe siècle, naît avec les travaux d’Alberto Centro sur Bouvard et Pécuchet et L’Éducation sentimentale, incluant les manuscrits de Rouen, l’étude critique des textes flaubertiens. Bouvard et Pécuchet est aussi la source d’inspiration du roman d’Alberto Arbasino, Fratelli d’Italia (1963). Dans sa nouvelle ligne éditoriale, Italo Calvino met en valeur les textes courts de Flaubert, notamment les Trois contes. Les chercheurs italiens continuent d’apporter leur contribution aux « études critiques et génétiques » sur Flaubert et sont associés aux recherches menées par le Centre Flaubert de l’université de Rouen. (Chantal CORMONT)
In Italia: un laboratorio di studi flaubertiani (Estratto). Sebbene fosse già stato notato da alcuni scrittori, in Italia i romanzi di Flaubert vennero tradotti solo successivamente alla sua morte. Madame Bovary è la prima opera tradotta nel 1881) e la più studiata, seguita da Salammbô (1905), Trois contes (1906), L’Education sentimentale (1908). Troviamo alcuni echi di Flaubert nell’opera di Matilde Serao, in particolare in Fantasia (1881) che si ispira a Madame Bovary. Alla fine dell’Ottocento, e prima della Francia, la comunità letteraria italiana ha colto l’originalità delle riflessioni di Flaubert sull’arte e l’importanza della forma. D’Annunzio e Pirandello gli sono debitori. Il crescente interesse per lo scrittore negli anni ’30 spiega la proliferazione di studi sulla sua estetica che portano a nuove ricerche. La notevole traduzione di Madame Bovary nel 1936 ad opera di Diego Valeri fa risaltare l’opera stilistica dell’autore. Si può considerare che nella seconda metà del Novecento, con i lavori di Alberto Centro su Bouvard e Pécuchet e L’Education sentimentale, compresi i manoscritti di Rouen, nasce lo studio critico dei testi flaubertiani. Bouvard et Pécuchet è anche la fonte di ispirazione per il romanzo di Alberto Arbasino, Fratelli d’Italia (1963). Nella sua nuova linea editoriale, Italo Calvino mette in evidenza i testi brevi di Flaubert, in particolare i Trois Contes. I ricercatori italiani continuano a contribuire agli “studi critici e genetici” su Flaubert e sono associati alle ricerche svolte dal Centro Flaubert dell’Università di Rouen. (Chantal CORMONT)