Conte écrit par Ida Renzicchi – Traduit et lu par Monique Perez *
Conte écrit par Ida Renzicchi – Traduit et lu par Monique Perez *
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Lecture audio du conte par Monique Perez
” Cet été je peux mettre le bikini, selon moi, on ne voit rien …”
La fille qui nous parle est magnifique, d ‘une beauté particulière : grande, élancée, de longs cheveux châtains ondulés, un visage très intéressant.
Nous sommes en hiver. A Rome la température est d ‘au moins trois, quatre degrés supérieurs à celui de l’endroit d ‘où je viens mais nous sommes cependant toujours vers la fin décembre…penser à la mer en une pareille journée…
” ça vous dégoûte, si je vous fais voir ? ” Je réponds instinctivement non même si je ne sais même pas de quoi elle parle. Ma fille garde le silence.
Elle baisse le pantalon du pyjama et les petites culottes nous montrant le ventre.
Un frisson de froid me parcourt tout le dos le long de la colonne vertébrale
” On m ‘a fait une colostomie…, mais en arrangeant bien les petites culottes, le sac ne devrait pas se remarquer. “” Non, non, ne t ‘inquiètes tu as raison, on ne le remarque absolument pas …. Crois-moi si tu ne me l ‘avait pas dit je jure que je n ‘aurais pas remarqué…ne t ‘inquiètes pas va à la mer et amuse-toi ! “
Les mots sortent de ma bouche mais c ‘est comme si quelqu’un d’autre les disait. Je suis restée tellement sous le choc que, pendant un moment, j ‘ai même du mal à raisonner. Une fille aussi jeune …une maladie aussi sévère !
” Mais les médecins m ‘ont dit que, dans quelques temps, ils m’assureront la continuité de l’intestin”
La fille parle rapidement, à voix haute. J’ai une perception claire de la nervosité qu’elle veut cacher derrière une sécurité audacieuse qu’il n ‘y a pas.

Edvard Munch, Modèle près de la chaise en osier (1919-1921)
Parlons d’autre chose. Ma fille lui corrige les subjonctifs et les conditionnels dont elle se trompe régulièrement. Quelque peu étonnée par cette attitude inhabituelle, étrange, je la reprends et m ‘excuse auprès de la fille qui en retour me réponds que c ‘était-elle même qui a fait telle demande, au contraire elle se retourne lui demandant de continuer à le faire car, elle dit, elle veut absolument améliorer son italien. De plus elle me prie aussi de lui faire ” la courtoisie ” de corriger ses éventuelles fautes d’orthographe.
Je reste perplexe quand j’apprends qu’elle a fait les écoles pour l’enseignement et que dans l’année scolaire suivante elle fera l’enseignante dans une école Élémentaire dans son pays.
Je suis contente de l’entendre faire des projets, surtout parler de vacances, après l’avoir vu malade, restée immobile et souffrant sur un lit d‘hôpital.
La chose qui m’a le plus frappé dans ce service c ‘est l’âge moyen des patients. Un on s’attend à trouver des personnes âgées mal en point, personnes à la fin d’un parcours de vie qui luttent tout en restant agrippées à ce fin fil de laine qui pourrait se rompre d ‘un moment à l’autre. Et au contraire jeunes, de nombreux jeunes, que ce soit des jeunes hommes ou femmes… je suis impressionnée.

Outre le jeune âge de la jeune fille, une femme d’autres temps et d’autres lieux avait attiré mon attention, debout, près de son lit, et un homme qui portait un habit noir et une chemise blanche agenouillé de l’autre côté. Il me semblait le photogramme de la scène, en blanc et noir, d’un film dramatique des années cinquante.
La femme, dont je n’aurai pu définir l’âge, mais que je présume entre quarante et cinquante ans, elle aussi complètement vêtue de noir, portait un habit long jusqu’aux pieds, une espèce de cape bordée de petites franges d’un noir plus brillant, qui lui couvrait complètement la tête lui retombant souple sur les épaules et une paire de chaussures de forme masculine.
Grande, un beau visage, les yeux et les cheveux, du moins ceux que l’on pouvait voir sous cette sorte de voile, d’un noir intense. Elle semblait la statue de la Madone adorée que tous les ans, dans mon village, on portait en procession, derrière le cercueil du Christ Mort, le soir du Vendredi Saint.

Edvard Munch, Le baiser près de la fenêtre (1892)
Au début je n’avais pas remarqué un autre homme, maigre, de taille moyenne, qui se tenait plus en dehors de la porte, le long du couloir, qu’à l’intérieur de la pièce. Une veste marron, mais pas de ton obscur, un pantalon noir et, lui aussi une chemise de couleur blanche.
Je ne sais pas pourquoi je l ‘associai instinctivement à un berger. Qui sait quelle a été la raison pour laquelle je n ‘ai pas pensé à la chose la plus évidente pour moi qui vient d ‘un village rural, c’est à dire qu’il était un paysan ou un maçon.
Je crois que c ‘était le genre de veste à me rappeler « les bergers d ‘Abbruzzes » du grand D’Annunzio et les illustrations d ‘accompagnement de sa magnifique poésie dans les manuels scolaires. Il n ‘était pas vieux, il avait oui le visage marqué par une vie dehors sous le soleil ou à la merci des intempéries mais lui aussi devait avoir plus ou moins le même âge que la dame vêtue de noir. A bien le regarder, il n’était pas laid, bien au contraire, il devait sûrement avoir été un beau jeune homme.
Quand l’homme à genoux s’était levé, j ‘avais remarqué qu’il était plutôt petit de taille, de corpulence trapu, massif mais non gras, sur la soixantaine, les cheveux noirs très lisses, gras… ou plus probablement luisant de brillantine. Je restai frappé par la grosse bague en or qu’il portait à l’annulaire de la main droite. D’après nous, les hommes à part la bague nuptiale, ne portent pas d’anneaux.
Lui, elle, l’autre…et une fille malade…très malade, pour la soigner il avait fallu en connaître la paternité : l’homme à genoux, avec la tête enfoncée dans les draps, était son père, pas le mari de sa mère qui restait au contraire toujours à l’écart, tout au plus sur la porte de la pièce, appuyé contre le chambranle.
Mis à part les rumeurs qui circulaient dans le service, potins auxquels nous n’avions accordé aucun crédit, ce fut elle-même, la fille à nous raconter sa propre histoire. Un événement dont elle, victime innocente, avait payé toutes les conséquences.

Edvard Munch, Puberté (1895)
Confirmant mon intuition, la sienne était effectivement une famille de bergers d’un petit village perdu sur les montagnes des Abruzzes.
La mère, comme cela arrive souvent, avait connu l ‘autre homme, celui qui serait devenu son père un colporteur d ‘une petite ville sur la côte adriatique, qui faisait de la vente porte à porte dans les différents villages de l ‘intérieur aux pieds ou perché le long des pentes de la montagne et il en était né une relation extra conjugale et cette fille qui, pour beaucoup, mais pas pour tous, était de toute évidence, la fille du berger.
Quand la liaison amoureuse avait été découverte, un véritable scandale s’était produit, et le mari de la dame, à qui était parvenue certainement la rumeur de quelques bavardages, avait commencé à douter sérieusement de la paternité de la petite fille qui, ne la considérant plus sa fille, n ‘avait certainement pas l ‘intention de la garder plus longtemps. Suite à la situation ennuyeuse qui s ‘était créé, le vrai père avait été obligé d ‘admettre sa responsabilité et pour la petite avait commencé un calvaire.
Dans la maison où elle avait vécu jusqu’alors, le mari de la mère ne la traitait plus en fille, si bien que le vrai père avait décidé de l ‘emmener.
Tout résolu ? Oui si ce n’était pas que le monsieur était marié et avait deux autres fils masculins et que ni la femme ni les deux fils avaient certainement apprécié la présence de la petite fille qui leur était imposé, de but en blanc, arbitrairement par l ‘homme.
Peut-être que ce calvaire était encore plus lourd que le premier….
La fille, à qui sans beaucoup de maniérés, avait été expliqué clair et net le motif de son transfert, était donc arrivée dans la maison du père. ‘
Si avant le berger, sortait le matin pour entrer le soir et elle restait tout le jour avec la mère, même durant la période de la transhumance elles restaient seules, ensembles des jours et des jours, maintenant…aussi le vendeur sortait le matin pour rentrer chez lui au crépuscule, mais celle avec laquelle elle était obligé de rester, n ‘était pas sa mère, et ceux-là, ils n ‘étaient pas, ou plutôt en partie ils l’étaient, mais ils ne se sentaient pas ses frères.
Les abus à ses égards étaient continus, violents, impunis et de tous genres. Les injustices et les harcèlements subis et le stress qui en avait découlé avait rendu malade sérieusement la jeune fille qui avait mis sa vie en danger.
A l’hôpital l ‘histoire était connue parce que les médecins, étant donné le type et la gravité de la maladie, avaient dû effectuer des analyses même sur ses parents et quelques infirmières, peu discrètes n ‘avaient pas résisté à la tentation de divulguer cette histoire d ‘elle racontée comme une nouvelle boccacienne mais que nous jugeons sordide et très triste.
Malgré tout, le père avait exigé que la fille ait étudié. Elle était diplômée et elle s’était fiancée avec un très brave jeune homme, nanti, propriétaire d’un bateau de pêche qui maintenant attendait seulement qu’elle se remette de l ‘opération pour l’épouser.

Edvard Munch, Jeunes Filles sur un pont (1901)
Elle aurait voulu faire le mannequin et en effet elle en avait toutes les qualités, mais une ambiance aussi compétitive, où même une fois qu’elle s ‘était retrouvée à devoir défiler sur le podium sans chaussures parce que, au dernier moment, quelques collègues envieuses, pour la mettre dans l ‘embarras, les lui avaient dérobés, ce n ‘était pas ce qu’elle voulait pour son physique qui avait besoin seul d ‘une tranquille sérénité.
Maintenant elle pense aller à la mer, à se marier, à commencer la carrière d’enseignante. Remercions Dieu !
Elle nous aime beaucoup, elle dit à ma fille qu’elle a de la chance, elle aussi aurait aimé avoir une mère comme la sienne. Ma fille, en plaisantant, lui répond : « Parce que maintenant elle est en phase de rémission. … Tu devrais la connaître quand elle se fâche. »
La jeune fille s’approche de moi, d ‘abord elle me le demande, puis elle me prend affectueusement dans ses bras m’embrasse, je me moque et lui répond / ” Parce que tu ne me connais pas … elle a raison ma fille… toi tu n ‘imagines pas comme je suis sévère… ” Elle rit et me regarde pendant qu’elle me dit : ” Peut-être… ” Une boule me serre la gorge. Je réussis seulement à lui susurrer : » Bonne chance «
Elle est sortie sans que nous ayons eu l ‘opportunité de nous dire au revoir. Malheureusement les dynamiques hospitalières ne tiennent pas compte des relations humaines.
Pendant quelques temps, nous sommes restés en contact. Elle est retournée dans la maison de son père d’où elle espère s’en aller le plus vite possible pour former une famille avec son fiancé bien aimé. Elle a fait l ‘intervention pour rétablir la continuité qui, cependant avec beaucoup de difficultés, à la fin a été résolu.
Puis, l’éloignement a fait qu’on ne se voyait plus. Bénis les téléphones portables…alors malheureusement ils n’étaient pas ainsi à la portée de tous et les coûts de cette commodité n’étaient pas indifférents. A cette époque, nous étions les seules personnes dans tout le département à en avoir un qui nous avait été gentiment prêté.
Même si physiquement lointaine, j’aime la penser sereine, épouse et mère épanouie. Elle mérite d ‘être heureuse.
Innocente, elle a déjà payé un prix fort pour une ” faute ? ” que deux personnes adultes, ” au nom de l ‘amour », même en pleine conscience de ce qu’ils faisaient, n ‘ont eu aucun scrupule à consommer, sauf ensuite que c ‘était à elle de payer les terribles conséquences de leur égoïste inconscience, elle, une petite fille, le bouc émissaire innocent.
1/APPRENDRE UNE LANGUE ÉTRANGÈRE: LES BONNES RAISONS
Monique Perez vive a Condezaygues, un comune francese di 889 abitanti situato nel dipartimento del Lot e Garonna nella regione della Nuova Aquitania. I suoi genitori erano entrambi italiani, la mamma della provincia di Pordenone (Azzano Decimo) e il papà della provincia di Bergamo (Mapello)… In Francia lavorava come infermiera liberale ed è per questo anche che è stata attirata dalla storia di Prisca. Il lavoro di traduzione svolto da Monique fa parte delle attività didattiche integrative proposte all’interno del corso di lingua italiana ad adulti francesi tenuto dalla docente Alessandra Mara D’Angelo nell’ambito delle attività di scambio culturale proposte dall’associazione di gemellaggio Villeneuve-sur-Lot /San Donà di Piave. Il corso di lingua italiana proposto, che si tiene dal 2015, non vuole solo far scoprire una nuova lingua ma anche una nuova cultura, tradizioni, gastronomia, canzoni e tutto ciò che riguarda l’Italia…vengono proposti vari corsi in base al livello degli studenti che sono circa una ventina. Tanti hanno origini italiane e vogliono imparare o perfezionare la lingua della propria famiglia e altri sono innamorati della lingua e della cultura italiana. Durante la pandemia il corso si è svolto on-line, e ciò ha permesso ad alcuni studenti di continuare ad imparare l’italiano, di viaggiare virtualmente quando non era più possibile fisicamente, di acquisire delle competenze informatiche ed adattarsi ad un nuovo modo di imparare.


Alessandra Mara D’Angelo, nata in Austria da madre austriaca e padre italiano, è cresciuta a Romano di Lombardia in provincia di Bergamo. Dopo aver concluso gli studi di mediazione linguistica decide di partire per l’Australia dove trascorre due anni ed incontra il suo attuale compagno originario del Lot et Garonna. Dopo un anno di studio all’università di Bordeaux, si dedica all’insegnamento dell’italiano agli adulti. Consegue poi la certificazione CEDILS, vive un anno in provincia di Viterbo dove insegna l’italiano agli immigrati continuando anche i corsi on-line con gli studenti francesi del gemellaggio e di altri paesi del mondo.
ARCHIVE/À LA CROISÉE DES CHEMINS… VISITE D’ETUDE DU 13 AU 16 MAI 2013 (FOTOGALLERY)


